Interview avec madame Tsimo thérèse – Censeur au lycée bilingue de Deido

Written by on 22. Juni 2018

DiaspoRadio

Bonjour madame, Je suis Narcisse Djakam  et mon collègue c’est monsieur Essome. Nous sommes dans votre Bureau dans le cadre du projet Diasporadio. DiaspoRadio est un projet ayant pour but de thématiser la question de l’exil, de l’immigration et la question des valeurs propres à la société Camerounaise actuelle. Notre vœux est de nous rapprocher des jeunes Camerounais et des professionnels de l’enseignement pour nous informer et voir dans quelle mesure nous pouvons apporter notre part de pierre à l’édifice qu’est notre actuelle société et ensemble trouver de possibles réponses aux questions actuelles de ladite société. D’entrée de jeu nous vous disons merci de nous accorder cette interview et de nous permettre d’échanger avec vous. Tout d’abord nous souhaitons vous demander de vous présenter s’il vous plait.

Mme Tsimo

Bonjour messieurs. Je vous remercie. Je suis madame Tsino Thérèse, censeur au lycée bilingue de Deido.

D

C’est peut-être une coïncidence, peut-être un vœu de Dieu que nous arrivions dans votre bureau quelques jours après le 8 mars. Quelle est la symbolique du 8 mars pour vous, votre lycée et aussi pour le Cameroun ?

M

À mon humble avis, le 8 mars c’est pour revendiquer les droits de la femme. La femme a le plus souvent été défavorisée dans le monde, elle a ainsi été marginalisée, marquée par un traitement inferieur à l’homme. Nous revendiquons l’égalité entre la femme et l’homme. Au lycée bilingue de Deido, cette fête comme partout  ailleurs dans le monde, a toujours eu une grande ampleur. Comme tous les ans nous avons fêté avec nos sœurs Camerounaises.

D

Comment s’est concrètement passée la fête du 08 mars 2018 au lycée bilingue de Deido? Comment avez-vous personnellement trouvé la fête cette année?

M

Dans le but de célébrer la Journée Internationale de la Femme, nous avons pris part à des activités sportives incluant du fitness pour que nous nous défoulions un peu.

Le jeudi nous avons commencé nos activités par un débat qui portait sur le thème de la journée de la femme 2018 au Cameroun à savoir: « intensifier la lutte contre les discriminations à l’endroit des femmes, renforcer le partenariat pour accélérer le développement durable »

Après ce débat, ont suivi des playbacks réalisés par des femmes enseignantes ainsi qu’un défilé de mode (Fashion parade). Lors dudit défilé, les femmes ont voulu valoriser leur « Kaba » (vêtement porté pour la circonstance et faisant partie de la panoplie de nos vêtements traditionnels.) À la fin du défilé, le meilleur Kaba a été choisi.

Des sketches et poèmes dédiés á la femme ont aussi meublé ladite journée et un buffet  dûment préparé a été ouvert. Après le repas nous avons esquissé quelques pas de danse sous la supervision bien sûr du proviseur du lycée bilingue de Deido.

D

Je souhaiterais être franc avec vous. J’ai eu pendant mon cursus scolaire beaucoup de maitresses et professeurs femmes qui m’ont beaucoup impressionné et beaucoup appris. Je n’ai jamais connu un problème spécifique de la  femme au Cameroun.

Vous aussi par votre charisme vous m’impressionnez et me rappelez mes enseignantes, mes grandes sœurs, ma mère et toutes les femmes que je connais dans ce pays. La femme Camerounaise symbolise à mon sens l’émancipation même de la femme Africaine. Alors dites nous s’il vous plaît quel est véritablement le problème? Quel est le problème que nous ne connaissons pas?

M

Certes la femme est épanouie au Cameroun mais elle n’est pas traitée au même niveau que l’homme. La femme n’occupe pas les même postes que l’homme et même quand ce serait le cas, l’effectif n’est pas le même. Il y a toujours un nombre élevé d’hommes par rapport aux femmes. Je parle ici d’une proportion de 60 hommes pour 2 femmes. Nous souhaitons une meilleure répartition de postes entre les deux sexes. D’où nos revendications.

D

Vous pensez qu’il y a des évolutions dans le sens de vos revendications?

M

Tout à fait. Depuis que nous célébrons ces journées il y a des améliorations. Le gouvernement Camerounais essaye de relever au niveau supérieur le nombre de femmes en son sein. À titre d’exemple, nous sommes passées d’un ministre à 5 ou 10 en l’espace de quelque temps. Mais ce n’est pas suffisant. Nous en redemandons encore. Nous voulons qu’il y ait une équité, une représentativité de la femme au niveau de nos structures administratives.

D

Nous ne saurons parler de femmes, de  mères sans évoquer le sujet  qui nous intéresse le plus: nos enfants. Que pouvez-vous dire de la jeunesse Camerounaise et particulièrement celle représentée dans votre lycée actuellement?

M

Je vous remercie pour cette question parce que nous avons justement des difficultés énormes avec notre jeunesse. Vous savez il y a la mondialisation et nos enfants copient bêtement ce qu’ils voient dans les médias concernant par exemple l’Europe. Pourtant nous avons nos particularités, notre éducation, nos spécificités culturelles qui nous permettent de ne pas copier de manière irréfléchie tout ce qui se passe ailleurs.

Toute copie irréfléchie affecte la valorisation de nos cultures. Notre défi est de les ramener à l’éducation d’antan. Je parle ici des valeurs comme le respect en général, la modestie et le bon sens en ce qui concerne le choix des tenues vestimentaires décentes… Ce que je dis des enfants est aussi valable pour les enseignants. Ils doivent être des modèles pour la jeunesse. Les apprenants  doivent pouvoir les copier dans leur exemplarité.

D

Quelles sont les thèmes que nous, DiaspoRadio, pouvons choisir comme thèmes de prédilection pour nos prochains échanges avec les élèves du lycée bilingue de Deido?

M

Je peux vous proposer les thèmes suivants :

– les déviances sous toutes les formes (sexuelle, éducationnelle, culturelle…) ;

– l’autonomisation de l’élève. Comment un élève peut s’instruire, s’informer sans toutefois être prisonnier d’un encadrement personnel de l’enseignant ou des parents. Par exemple en développant une recherche personnelle à partir des médias (télévision, radio, cybercafés, ordinateurs…) mis à sa disposition et ainsi compléter les connaissances acquises à l’école.

D

DiaspoRadio, comme son nom l’indique souhaite rapprocher la diaspora de la jeunesse et en sa compagnie trouver des réponses aux questions actuelles. Quels signaux donne la diaspora qui rend votre travail sur le terrain difficile?

M

Le véritable problème avec nos frères et soeurs de la diaspora est que quand ils arrivent au Cameroun pour un cours séjour pour se reposer ils refusent de se confronter aux réalités locales. J’entends par là qu’ils préfèrent aller se reposer à Limbé, découvrir un de nos nombreux sites touristiques et bien d’autres choses.

Nous souhaitons qu’ils se rapprochent de nous, des établissements pour vivre les réalités locales. Qu’ils aillent dans les ministères demander comment ca se passe, qu’ils travaillent avec des personnes faisant des métiers similaires aux leurs et vivant au Cameroun pour connaître la réalité et non seulement se contenter des balades, des sorties en boîtes de nuit et j’en passe.

D

Le lycée bilingue de Deido travaille-t-il en collaboration avec un lycée étranger/européen ?

M

Pour l’instant pas encore. Nous comptons sur vous pour développer une telle collaboration avec un lycée en Allemagne. Cela nous sera très bénéfique.

D

Quels peuvent être à votre avis, les objectifs d’un tel partenariat?

M

Tout d’abord les échanges. Échanges entre élèves et professeurs. Échanges des documentations et de la logistique. Je dois dire qu’un accompagnement logistique de notre lycée serait une bonne chose pour garantir à nos enfants l’accès à beaucoup plus de livres et des outils pour l’apprentissage des nouvelles technologies de l’information.

Un partenariat est toujours une ouverture. Je pense ainsi aux différents échanges, mais aussi à la possibilité pour nous de voyager vers l’Allemagne et pour des enseignants allemands de découvrir le Cameroun.


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